Audika et Amplifon sont les deux plus grands réseaux d’audioprothèse en France, avec respectivement plus de 600 et plus de 700 centres auditifs répartis sur le territoire. Les deux enseignes proposent des appareils auditifs, un suivi audioprothésiste et des prestations de bilan auditif. Leurs différences se situent moins dans la gamme de services affichée que dans leur modèle économique, leur rapport aux fabricants et la réalité du suivi après appareillage.
Intégration verticale et choix des marques d’appareils auditifs
Avant de comparer des prix ou des avis clients, un élément structurel mérite d’être compris : la concentration verticale du marché. Audika appartient au groupe danois Demant, qui est aussi fabricant d’aides auditives. Amplifon, groupe italien coté en bourse, distribue des appareils de plusieurs fabricants mais a également développé des liens capitalistiques avec certains fournisseurs.
Cette intégration a une conséquence directe sur le choix proposé en centre. Chez Audika, la marque blanche maison (fabriquée par Demant) occupe une place centrale dans les recommandations. L’audioprothésiste peut orienter vers d’autres marques, mais la logique commerciale pousse vers les produits du groupe. Chez Amplifon, le catalogue affiché est plus large, avec des modèles Phonak, Oticon ou Signia, mais la marque blanche Amplifon (Amplienergy) est aussi mise en avant.
Pour le porteur, cela signifie que le choix réel de prothèses auditives dépend du réseau choisi. Demander explicitement à tester des marques concurrentes lors du rendez-vous permet de mesurer la flexibilité du centre. Les retours de clients publiés en ligne sur ce sujet sont souvent plus éclairants que les plaquettes commerciales, et lire les avis clients sur Audika ou Amplifon aide à identifier les situations où un audioprothésiste a orienté vers une seule marque sans alternative.

Suivi après appareillage : audioprothésiste dédié ou rotation du personnel
L’appareillage auditif ne se résume pas à l’achat d’un appareil. Les réglages successifs, l’adaptation au port quotidien et les contrôles réguliers forment un parcours qui dure plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est sur cette phase que les retours d’expérience divergent le plus entre les deux enseignes.
Audika met en avant un accompagnement cognitif qui inclut des exercices de rééducation auditive, en complément des réglages classiques. Le réseau intégré favorise en théorie la stabilité du personnel : l’audioprothésiste qui réalise le bilan initial est censé assurer le suivi.
Amplifon investit davantage sur le suivi numérique via une application dédiée, avec la possibilité de téléconsultations et d’ajustements à distance. Ce modèle peut convenir aux personnes à l’aise avec un smartphone, mais les avis clients signalent parfois une rotation plus fréquente du personnel en centre, ce qui complique la continuité du suivi.
Trois critères permettent d’évaluer la qualité réelle du suivi proposé :
- La possibilité de voir le même audioprothésiste à chaque rendez-vous, condition de réglages progressifs cohérents sur la durée
- Le nombre de séances de réglage incluses dans le forfait initial, variable d’un centre à l’autre même au sein d’une même enseigne
- L’accès à un canal de contact direct (téléphone, messagerie) avec le professionnel qui a réalisé l’appareillage, pas seulement un standard centralisé
Prix des appareils auditifs et reste à charge : ce que les grilles tarifaires ne montrent pas
Les deux enseignes affichent des gammes allant des appareils auditifs de classe I (100 % santé, sans reste à charge) aux modèles de classe II, avec des tarifs libres. La comparaison tarifaire brute est peu fiable : le prix d’un même modèle peut varier d’un centre Amplifon à un autre, et Audika applique des politiques promotionnelles ponctuelles qui brouillent les repères.
Le vrai enjeu financier se situe sur le coût total de l’appareillage sur quatre ans, durée de renouvellement standard prise en charge par l’assurance maladie. Ce coût inclut l’appareil, les réglages, les contrôles, le remplacement des embouts et les éventuelles réparations. Certains forfaits intègrent tout, d’autres facturent les prestations complémentaires à l’unité.
Chez Amplifon, le ralentissement du marché français signalé par le groupe lors de ses résultats financiers récents a conduit à des efforts commerciaux accrus, avec des offres d’essai prolongées et des remises sur les modèles haut de gamme. Audika, adossé à Demant, maintient une politique tarifaire plus stable mais moins négociable.
Vérifier le détail du devis normalisé
Depuis la réforme 100 % santé, chaque audioprothésiste doit remettre un devis normalisé détaillant le prix de l’appareil et celui des prestations de suivi. Comparer les devis des deux enseignes sur un même modèle (ou un modèle équivalent) reste la méthode la plus fiable. Exiger ce document avant tout engagement permet aussi de repérer les écarts de facturation sur les accessoires ou les garanties étendues.

Proximité géographique des centres auditifs : un critère à relativiser
Amplifon revendique plus de 760 centres en France, Audika environ 624. Le maillage territorial s’est fortement densifié ces dernières années, au point que dans la plupart des agglomérations, les deux enseignes disposent d’un point de vente à distance comparable.
La proximité ne constitue plus une différence décisive entre Audika et Amplifon. Le critère pertinent devient plutôt la disponibilité de l’audioprothésiste : un centre proche mais saturé, avec des délais de rendez-vous de plusieurs semaines, offre un service moins utile qu’un centre légèrement plus éloigné avec des créneaux rapides.
Quelques points à vérifier avant de choisir un centre :
- Les horaires d’ouverture réels (certains centres ferment tôt ou ne reçoivent que sur rendez-vous certains jours)
- La présence d’un audioprothésiste titulaire permanent, pas uniquement de remplaçants
- La compatibilité du centre avec votre mutuelle santé, certaines complémentaires ayant des partenariats privilégiés avec l’une ou l’autre enseigne
Le choix entre Audika et Amplifon repose moins sur l’enseigne elle-même que sur le centre auditif local et l’audioprothésiste qui vous prend en charge. Un professionnel stable, transparent sur les marques proposées et disponible pour le suivi à long terme pèse davantage que le logo sur la vitrine.



